ARS MAGICA : Zoom sur la mise en page
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ARS MAGICA : Zoom sur la mise en page

Oct 16 ludopathes  

A quelques semaines de la parution des éditions collectors des maisons d’Hermés, nous avons décidé de vous parler un peu du long travail qu’il a fallu fournir pour aboutir aux livres finis, et du niveau d’exigence des Ludopathes en matière de parutions.

(Le moins qu’on puisse dire, c’est que vous n’attendez pas pour rien !)

Les trois grands pans du chantier des Maisons d’Hermès ont été : la relecture, les illustrations et la mise en page. Aujourd’hui c’est de ce dernier volet que nous allons vous parler…

 

LA MIS EN PAGE D’UN OUVRAGE DE ARS MAGICA :
un travail inégalé dans tout le panorama rôliste en France

 

Chaque édition d’Ars magica bénéficie d’une mise en page en couleur, soignée, longue à mettre en place, agrémentée de nombreux embellissements et parsemée d’enrichissements de texte visant a améliorer la lisibilité et la compréhension du texte.

C’est un peu académique ! Voyons plus en détail de quoi il s’agit :

1-Une charte graphique élaborée.

Chaque livre d’Ars Magica est graphiquement divisé en 4 codes couleur, chacun d’entre eux correspondant à une saison : Printemps, Été, Automne , Hivers.
La partie printemps est à dominante verte, et tous les éléments sont liés à la symbolique du printemps : les fioritures représentent des plantes naissantes, des bourgeons ou des fleurs. Les illustrations choisies sont de préférence liées à la jeunesse, et les fonds sont possiblement des décors printaniers.
La partie Été est rouge, et là aussi tous les éléments décoratifs sont raccords : plus de feuillage dans les fioritures, des décors plus riches, et toutes les illustrations sont de préférence lié à la force de l’âge ou avec des environnements estivaux.
La partie Automne est marron, les feuilles tombent, des corbeaux et des épines apparaissent dans les fioritures, les illustrations intègrent des éléments décadents, ou pourrissants.
La partie Hivers est bleu, les éléments sont effacés, les décors sont hivernaux, les personnages illustrés sont âgés.

Cette partie graphique des saisons est commune à tous les ouvrages. Il s’agissait de créer un lien avec un point de règle central du jeu, le concept des saisons d’une Alliance symbolisant le temps qui passe, élément fort d’une campagne ou d’une saga.

2-Une mise en page complexe

Les ouvrages d’ARS Magica, en marge du texte, sont riches en paragraphes encadrés, qui détaillent des points de règles, des synopsis, des curiosités ou des précisions. Ces encadrés, directement liés au texte, doivent être insérés de façon cohérente à proximité des passages auxquels ils se référent. Ils bénéficient par ailleurs d’un traitement à part, qui ne peut en aucun cas être automatisé. Il faut aller dans le texte traduit, les extraire un par un, les mettre en page, puis leur trouver une place adaptée en correspondance du texte. Il y en a en moyenne un ou deux par double page.
Pour décorer ces éléments, nous avons choisi de les insérer comme des « tentures murales », en s’inspirant des tentures moyenâgeuses. Chaque paragraphe est donc « attaché » à la maquette graphique par des dessins de « barres » choisis pour donner l’illusion d’une structure qui les porte, mais aussi pour encadrer plus généralement le texte en entier par endroit.
Nous avons de plus mis en place deux types d’encadrés : un encadré simple, qui s’insère sur une des deux colonnes de texte de la page, avec un style tenture, et un encadré double, graphiquement différent, pour des textes plus long ne pouvant pas tenir sur une seule colonne.

3-Des enrichissements de texte ciblés

Les concepts décrits dans les règles d’Ars sont souvent complexes. Des fois il est possible d’y trouver une certaine ambiguïté que la lecture répétée du texte en langue originale ne dissipe pas.
En plus donc d’une relecture et d’une réécriture éclairée par les errata et les précisions données par le forum officiel, et les avis du comité de joueurs experts ayant participé à la relecture, nous agissons aussi au niveau des enrichissements de texte pour mettre en avant les concepts phares, les points sensibles ou les précisions spécifiques apportées par la version française que nous vous proposons.
Il est ainsi possible de repérer sur la page, au premier coup d’oeil, les éléments clés du texte et d’être mis en garde sur un point de règle important par un trait qui souligne une phrase.
Ce travail, effectué en relecture post-maquette ( c’est à dire après une première mise en page), est fait de façon manuelle, au cas par cas, en épluchant le texte en détail. Le confort de lecture qui en découle se fait au prix d’un long travail supplémentaire.

4-Une personnalisation à outrance de chaque double page

Dans l’idée de créer le plus bel écrin possible au texte, dans l’esprit des enlumineurs d’antan, nous passons beaucoup de temps à enrichir chaque double page et chaque chapitre avec des éléments décoratifs spécifiques.
Ainsi, par exemple, les barres de séparation verticales entre chaque colonne sont sujettes à des variations. Exemple : pour l’ouvrage des Vraies lignées, au chapitre des Bonisagus, les motifs sont inspirés de la tradition celtes dont serait issu le fondateur, alors que pour les Jerbitons, nous avons choisi de nous inspirer des enluminures à l’or fin. Chaque maison à ainsi toute une série d’éléments spécifiques liés à son histoire et à son idéologie. Les pages des Flambeaux sont roussis par le feu, tachés de sang, pour refléter leur gout prononcer d’ignem ( pour les néophytes : l’art du feu) et les combats, alors que celles des Tytalus sont frappés par la lèpres, la pourriture, et les ténèbres. Nous avons changé chaque clou (oui, oui, il y a des clous sur la maquette) de chaque chapitre pour mettre des clous adaptés à chaque maison, avec plus de 200 clous à insérer et modifier (manuellement !). Par exemple, les clous Jerbiton sont ronds, dorés, enchâssés d’une émeraude, alors que ceux des Tytalus sont carrés et noires. Et il en est ainsi pour chaque maison, page après page, avec des éléments qui se répètent rarement à l’identique.
Il s’agit là d’un long travail graphique qui se fait lors d’une troisième passe, une fois que les textes sont relus, corrigés, et enrichis.
La recherche documentaire pour trouver les éléments adaptés ( qui soient à la fois raccords avec le jeu, mais aussi documentés historiquement ) s’articule entre achats d’ouvrages spécialisés, recherches internet d’images, et déplacements sur site quand cela est possible.

Il en découle, vous le comprendrez bien, que la fabrication d’un ouvrage d’Ars Magica est loin d’être anodine.
Bien sûr le travail recommence dès que possible : nous n’hésitons pas à corriger, ajuster, enrichir à nouveau nos ouvrages à l’occasion de chaque ré-impression…l’occasion est trop belle pour parfaire le travail !
Nous avons délibérément fait le choix d’offrir un travail haut de gamme, chronophage, dans l’idée qu’une fois édité, l’ouvrage reste pour toujours.
Nous sommes aux antipodes d’une mise en page automatisée et rapide 🙂
Cela est-il une bonne idée? Économiquement parlant, la question se pose. Au niveau de la qualité du travail accompli, cette démarche s’inscrit dans la recherche d’excellence qui nous tient à cœur depuis le début. Serions-nous encore là si nous avions sacrifier ce qui donne du sens à notre travail?

En espérant que ce zoom ne vous ait pas ennuyé,
Cordialement,
L’équipe Ludopathes

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Message publié à partir du QG Ludopathes.